Ce matin, je discutais avec mon papa (celui qui est le meilleur du monde, toute façon j'ai que celui-là). Il m'a appris le décès d'une vieille dame de 94 ans. On s'attendait à ce qu'elle parte vite car elle se refusait à partir en maison de retraite, elle vivait avec un de ses fils célibataire, près à cent mètre d'un second fils et pas loin d'une de ses filles. Faute de s'être entendus et d'avoir patienté pour la réponse de l'APA, ils l'ont mise en maison de retraite car elle ne pouvait pas rester seule la journée et que son fils avec qui elle vivait, ne pouvait pas rester à la maison toute la journée. Donc les 5 enfants retraités de cette femme, réputée avoir été une peau de vache, l'ont mise il y a 20 jours dans une maison de retraite où elle a arrêté de s'alimenter. Elle est décédée à l'hôpital. Mon père, ami de toujours de l'un des fils en avait discuté avec lui et lui avait prédit que ça la tuerait. Le but de mon article n'est pas de faire la morale, c'est d'ailleurs pour ça que j'ai précisé qu'elle avait été une peau de vache.
Je me dis qu'aujourd'hui, les centres villes meurrent, qu'il ne reste plus que des banques, assurances et agences immo franchisées et les pharmacies (pour l'instant). Or, qui fait vivre le petit commerce? Les vieux. Plutôt que de les installer dans des mourroirs (je sais de quoi je parle, j'y vais souvent) avec ou sans étoiles au guide michelin; pourquoi ne pas revoir la politique des villes en favorisant des logements adaptés en centre ville. Moins de véhicules en centre ville, plus de petites alimentations et petites boutiques etc... Pas question de faire des centres villes de vieux mais de leur laisser une place de choix. On pourrait faire aussi deux ou trois logements adaptés au manque d'autonomie, ainsi nos vieux n'auraient pas à quitter le village où ils ont vécu toute leur vie. Cela permettrait de créer un emploi dans chaque village.
C'est une idée, j'attends vos critiques. Je précise bien qu'il ne s'agit pas de créer des ghettos de vieux mais d'adapter quelques logements plain-pieds et de leur donner accès au centre de l'animation. En face d'une école, à côté de la salle des fêtes du village, près de la mairie, de la maison des associations, de la dernière épicerie etc... Quand je vois qui occupe les logements HLM (pas toujours les plus démunis)... Bref, je me dis qu'un logement social ou un logement pour un aîné, n'est ce pas toujours de la solidarité?
Une solution intermédiaire entre le chez-soi où on ne peut plus vivre et la maison de retraite où on a le droit de mourrir.