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mercredi 25 juin 2008 à 14:56
Le paludisme |
Ce qu'il faut savoir sur le paludisme Le
paludisme (ou malaria) est une maladie infectieuse due à un parasite du
genre Plasmodium dont il existe 4 espèces spécifiques de l’homme : Plasmodium falciparum, Plasmodium vivax, Plasmodium ovale et Plasmodium malariae.
Il est transmis à l’homme par une espèce de moustique particulier : les
anophèles, et uniquement par les anophèles femelles. Il peut se
contracter dans presque toutes les régions chaudes intertropicales du
globe, là où peut vivre ce moustique, principalement l’Afrique
sub-saharienne, l’Asie du sud-est et l’Amérique latine.
Actuellement,
environ 40% de la population mondiale, habitants des pays pauvres pour
la plupart, sont exposés au paludisme. Il est responsable chaque année
de 300 millions de cas et tue plus d’un million de personnes.
2. Quel est son mécanisme ? La transmission du parasite se fait par l'intermédiaire de la salive de l'anophèle femelle qui vient piquer l'homme. Le Plasmodium
gagne le foie par la circulation sanguine. Pendant une semaine environ,
il se multiplie et se transforme dans les cellules du foie qui
finissent par éclater. Une partie des parasites est ainsi transformée
et libérée dans la circulation sanguine. Ils vont ainsi infester les
globules rouges, s’y multiplier et se transformer à nouveau, puis
entraîner l’éclatement de ces globules rouges, ce qui va libérer de
nouveaux parasites qui vont coloniser d’autres globules rouges et ainsi
de suite. L’éclatement en grande quantité et en même temps des globules
rouges (hématies) occasionnent des crises (ou "accès palustre"), qui
sont des accès de fièvre importants. Ces accès peuvent être fatals
lorsque l’infection est due à Plasmodium falciparum.
Le
cycle de transformation du parasite dans les globules rouges durant
entre 48 et 72 heures selon l’espèce du parasite, les crises
surviennent toutes les 48 ou 72 heures.
Les parasites qui sont restés dans le foie se multiplient eux plus tard et occasionnent des rechutes plusieurs mois (Plasmodium falciparum) ou années (autres espèces) après, même sans nouvelle piqûre d’anophèle.
La
propagation de la maladie est ensuite simple : un anophèle qui pique
une personne infectée va ainsi prendre ce sang contaminé et le
transmettre à une autre personne à l’occasion d’un autre repas sanguin,
et ainsi de suite.
3. Quels sont ses signes ? Lorsque les Plasmodium
commencent à gagner le sang et à s'y multiplier, soit entre 7 et 14
jours après la piqûre de moustique (le temps de la multiplication dans
le foie), apparaissent des symptômes encore peu évocateurs, avec
surtout une fièvre, accompagnée fréquemment de troubles digestifs
(embarras gastrique, nausées, vomissements, douleurs abdominales,
diarrhées).
L’évolution dépend ensuite de l’espèce responsable.
Lorsque la maladie est occasionnée par l’espèce Plasmodium falciparum,
elle est la plus dangereuse car elle peut être responsable d’un accès
pernicieux (ou neuropaludisme) et du décès. En effet, les hématies
parasitées par ce Plasmodium bouchent les vaisseaux sanguins du
cerveau, pouvant entraîner une céphalée très intense, une confusion,
des convulsions, une agitation voire le coma, ou les vaisseaux d’autres
organes (rein, foie notamment). En l’absence de traitement, l’évolution
de l’accès pernicieux est mortelle.
Lorsque la maladie est liée à d’autres espèces que Plasmodium falciparum,
la crise de paludisme (quand tous les globules rouges éclatent en même
temps) se caractérise par la succession, tous les 2 ou 3 jours, de
frissons intenses (pendant plusieurs heures, le malade a très froid et
n’arrive pas à se réchauffer), une forte poussée de fièvre (pendant 3
ou 4 heures, la température s'élève jusqu’à 40-40°5C, entraînant
notamment d'importants maux de tête), des sueurs et une grande fatigue.
Chaque accès dure entre 6 et 8 heures. En l’absence de traitement
spécifique, ils se répètent à un rythme variable avant de disparaître
spontanément après un certain temps (plusieurs semaines à plusieurs
années d’évolution selon l’espèce en cause), guérissant alors sans
séquelle.
Une crise peut entraîner une altération de l’état
général, une anémie (liée à la destruction des globules rouges) ou une
splénomégalie (augmentation du volume de la rate, l’une des fonctions
de la rate étant d'éliminer des globules rouges inutilisables par
l'organisme comme ceux anormaux du paludisme).
4. Comment se fait le diagnostic ? Toute
fièvre au retour d’un pays tropical doit faire penser au paludisme. Le
diagnostic est réalisé à partir d'une goutte de sang qui est ensuite
étalée sur une lame porte-objets, fixée, colorée et examinée au
microscope (frottis sanguin, examen rapide mais manquant de
sensibilité, et goutte épaisse, examen plus lent mais plus sensible).
5. Comment se traite-t-il ? Selon
la gravité de l’accès palustre et l’espèce du parasite, le traitement
peut se faire par voie orale ou intra-veineuse, avec différents
médicaments anti-paludiques ayant des mécanismes d’action différents.
Malheureusement au fil des années et en partie à cause d'une mauvaise
utilisation des médicaments sur le terrain, le parasite le plus
dangereux (Plasmodium falciparum) a développé des résistances à certains antipaludiques.
6. Est-il possible de l’éviter ? Des
traitements préventifs existent, différents selon les régions. Avant de
se rendre dans un pays tropical où sévit le paludisme, il est donc
indispensable de consulter un médecin, de préférence spécialisé dans la
médecine des voyages. Mais si cette chimioprophylaxie diminue le risque
d’être infecté ou d’avoir une forme grave de la maladie, elle n’est pas
infaillible et doit donc absolument être associée à des mesures de
protection contre les moustiques, qui piquent le plus souvent le soir
et la nuit : porter le soir des vêtements longs et amples, serrés aux
poignets et chevilles et imprégnés d’insecticide, porter des
chaussettes et chaussures fermées, dormir avec l’air conditionné ou
sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide, protéger les fenêtres
avec une moustiquaire, appliquer des répulsifs sur tout le corps,
utiliser des insecticides à l’intérieur et à l’extérieur…
 
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