Bonjour,
Avant dernier article sur les rites aborigènes...

Les décorations corporelles rituelles, si différentes soient-elles par leurs fonctions dans les différentes sociétés primitives, sont toutes polarisées par le monde surnaturel, par les puissances magiques qui gouvernent, ordonnent le réel, par la référence aux forces élémentaires et aux causes premières qui sont extérieures et hétérogènes à la société des hommes.
Le monde surnaturel est invoqué dans un cadre spatio-temporel rigoureusement circonscrit lors des fêtes, des rites, des corroboree... C’est-à-dire dans un état d’exception et de transgression.
Ce seront donc les décorations à caractère cérémoniel, ponctuelles et éphémères (principalement les peintures corporelles, appliquées rituellement dans des circonstances exceptionnelles) qui évoqueront le plus directement l’au-delà par transfert, par magie, autrement dit par un rapport de contiguïté ou de symbolisme avec les puissances mythiques.
La peinture corporelle contribue à établir la communication avec l’au-delà disparate. Elle rend l’homme dissemblable de lui-même. Elle facilite le voyage initiatique.
Effectivement, la peinture charnelle permet aux initiés de développer leurs facultés paranormales et d’entrer en « transe » pour communiquer avec les dreamings. De ce fait, elle contribue à susciter une peur sacrée.
Ce rituel cérémoniel inspire le respect des jeunes en raison de sa réalisation impressionnante. Les adolescents se trouvent confrontés à leurs « créateurs » au sens large. Ils font face à leurs initiateurs mais aussi à l’action inobservable (pour les non-initiés) des ancêtres ou des esprits.
