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Continuons notre voyage au pays des kangourous et de ses premiers habitants, les aborigènes... et leur pratique des peintures corporelles...

La peinture corporelle marque l’incarnation de l’ordre communautaire. Le symbole se développe, s’accroît et s’étend parallèlement à l’organisme social duquel il ne peut se séparer. Les signes picturaux sont alors des codes affranchis de toute référence empirique, et aptes à convertir dans leur propre système les significations véhiculées par les autres codes. Les aborigènes peuvent intégrer, à leur système de symboles, les codes des autres tribus. Ainsi, ces différentes peuplades aborigènes peuvent communiquer entre-elles, malgré les différents dialectes (plus de 500).
On dénombre trois couleurs principales codifiées dans la peinture corporelle aborigène : l’ocre, le blanc et le noir. L’ocre rouge est extraite de la terre fertile. C’est la couleur du sang, symbole d’énergie vitale et de fécondité. Le blanc est tiré de la poussière d’argile, prise directement dans la terre stérile. Le blanc est généralement associé au deuil ou à la purification. Le noir évoque la nuit menaçante et le chaos primordial. Le noir est signe d’impureté.
Quelle que soit la région, le savoir se lègue par des peintures, notamment corporelles, lors des cérémonies religieuses et pendant les différents rites d’initiation. Ainsi, les anciennes générations éduquent, intègrent et socialisent les jeunes par les différents symboles inscrits sur le corps. Celui-ci est ainsi utilisé comme moyen de communication et de transmission de la sagesse des Grands Ancêtres. Il symbolise en quelque sorte la révélation des rôles au sein de la communauté. Le corps serait un livre d’histoire réservé uniquement à des initiés, une élite ayant la responsabilité de préserver ce patrimoine mythique mais aussi de le transmettre à leurs dignes descendants.

Tout ce passe comme si la peinture corporelle établissait une communication entre les inconscients corporels. Le corps serait le médiateur entre la nature