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"Pourquoi ne nous sentons-nous bien que lorsque nous sommes "comme ". Mais comme quoi, comme qui, au fait?" Comme ceux dont nous imaginerions qu'ils sont complètement à l'identique de nos convictions personnelles, surtout si nous n'avions pas d'aptitude à oser penser à mal ou plutôt à contrario. Les autres seraient comme nous, donc nous sommes bien conformes, et notre bien-être dépendrait de cette conformité, qui ne serait en réalité qu'une illusion d'optique !! "Je ne vois qu'avec mes lunettes à prisme, et je ne vois qu'au prisme de ces lunettes que j'ai portées sans me rendre compte qu'elles me faisaient voir une certaine réalité qui n'est pas forcément la réalité que je voudrais voir. Conflit intérieur à cause de ce que je VOUDRAIS voir ? Mais alors cela voudrait-il dire qu'au très fond de moi, j'aurais d'autres envies, d'autres goûts, un autre moteur dont je n'utiliserais pas la force ?" Bien sûr, puisque tu ne ne connais QUE par ces lunettes-là, héritées ou pas, mais dont tu as le choix de les changer et aussi la force de le faire. "Seulement, voilà, mon problème, ce n'est pas celui de me sentir bien parce que je suis CONFORME, mais au contraire, ce serait celui de me sentir bien même rebelle." Réticente à exprimer mes désirs profonds, mes idées contradictoires, je le suis, par crainte, par peur de renoncer à un certain conformisme qui, d'une part me permet de me sentir bien mais qui d'autre part, me pose constamment des problèmes d'angoisse parce que je sais au fond de moi que j'aimerais largement mieux cette autre manière de vivre qui me correspondrait mieux. Qui oserait montrait son côté rebelle sans s'entendre dire que c'est une attitude violente, qui n'a pas lieu d'être parce qu'elle ne sert à rien ? Qui "casserait" en quelque sorte ces lunettes à prisme dont ceux qui disent nous connaître pensent qu'elles nous vont très bien alors que, par ailleurs, ils nous indiquent paradoxalement par leurs commentaires et leurs remarques qu'ils observent des éléments qui montrent que nous devrions "faire attention" à notre ligne, à notre caractère, à nos choix, à notre avenir. Se rebeller, ce serait prétendre avoir "trouvé une autre manière de vivre avec soi" mais en même temps imposer aux autres une "nouvelle manière de nous traiter" et ça, c'est difficile à assumer pour moi, en ce moment!"
Je commence sérieusement à me dire que, me sentir bien même rebelle, c'est seulement dire que, comme je pense ne pas porter atteinte aux jugements des autres en ne les prenant pas pour argent comptant, je n'ai pas de compte à leur rendre. Prendre à mon compte les jugements des autres pour argent comptant pour "me sentir conforme" serait renoncer à mes propres jugements qui ont eux aussi leur valeur. Pour me respecter, je me dois de les défendre bec et ongles puisqu'ils sont l'expression de ma survie intérieure. Il arrive donc un moment où, à force de laisser les autres dire leurs choix, leurs désirs, je leur fait croire que je garde intact mon jardin secret, celui de la rébellion contre les agresseurs de mes limites, alors qu'en réalité, c'est moi qui me laisse envahir sans me rendre compte que j'y laisse le principal de mon identité : mon bien-être intérieur. Faire respecter mon intimité, c'est manifester une forme de rébellion dont il serait grand temps que je reconnaisse la portée, car en m'accusant ainsi faussement de prendre soin de moi, de me dire égoïste, de me dire autocentrée, je laisse de l'emprise aux jugements des autres, sans donner le mien par crainte du rejet alors que, en tout état de cause, j'avais déjà le sentiment d'être rejetée, mais sans savoir pourquoi.
Et que l'on ne nous dise pas que, c'est parce que nous ne nous respecterions pas que les autres ne nous respecteraient pas, car il n'y a pas de coïncidence absolue entre les deux : le respect que nous aurions envers nous-mêmes ne regarde que nous et notre connaissance de nous. Il ne dépend pas du tout du respect des autres qui les regarde. Le problème est que, la plupart du temps, nous n'avons ni appris, ni compris que nous avions un rôle éminemment important à jouer pour notre propre bien-être : la prise en charge de la défense de nos frontières de l'intime pour laquelle la rébellion est la manifestation la plus naturelle qui soit. Nous ne devrions même pas en discuter avec quiconque, car chacun de nous a la légitimité d'agir ainsi et, à part ceux à qui nous en donnerions le pouvoir par méconnaissance et qui pourraient nous manipuler, personne n'est instauré JAUGEUR DE NOTRE INTIMITE EMOTIONNELLE. Je suis si perturbée que j'ai besoin ainsi de me rassurer sur des fondements qui ont été quelque peu ébranlés mais dont, finalement, je me rends compte que c'est à moi de les remettre à leur juste place parce que j'en ai la toute puissance et la toute jouissance, n'en déplaise à ceux qui voudraient continuer à user et à abuser de ma servilité qui n'était que de la serviabilité.
Je croyais à tort qu'obéir aux injonctions des autres, c'était leur faire plaisir donc me faire plaisir, et qu'il en était de même de l'autre côté !! Affreuse méconnaissance des processus de l'enfance dont j'aurais dû déjà m'occuper en acceptant que ce que j'avais remarqué était juste parce que je l'avais vu juste, point barre.
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