La plage du Golfe Bleu, demi-lune de sable et de galets, épouse une côte escarpée hérissée de pins et d’aloès. Les baigneurs peu nombreux (car le stationnement est limité) profitent d’un cadre idyllique délimité par le Cap Martin sur la gauche, les rochers de la Vigie et de Monaco sur la droite. Droit devant, des dégradés de bleus à perte de vue et en fond sonore le chant des cigales et le bruit des vagues qui viennent mourir sur la grève…
Ah oui ! les « M’man j’ai faim ! » « M’man j’ai soif ! » « M’man tu viens te baigner ? » « M’man on va au radeau ? » « Aaah ! m’man ! y’a des méduses ! » aussi…
Néanmoins, pleine d’optimisme, j’ai pris mon carnet et un stylo pour écrire mon article… Ben voui, j’ai promis à Cécile de satisfaire la curiosité qui la taraude… Alors…vzzzzzzvzzzzz… petit retour en arrière… clac… « Ciao ! Ci siamo tutti ? » ... ça c’est le repas pantagruélique de vendredi soir avec les peintres… on se le passe en vitesse…
Donc… Plus de 50 personnes à caser, un véritable casse-tête pour le restaurateur dont les locaux sont riquiqui et pour finir, des tables disposées en travers sur le trottoir… L’idée ridiculissime de parquer hommes, femmes et enfants séparément : ainsi les uns ont parlé chantiers, les autres chiffons et enfants, ces derniers quant à eux ont parlé le Nintendo, langage universel. Par chance, trois nanas que j’aime bien à la table, en particulier Luciana, un ange… Et le menu mamma mia ! Dire que certains se sont insurgés : « Ouais, marre de choisir toujours des restos en Italie, cette année on veut dîner en France… En France ! En France ! » pour finalement jeter leur dévolu sur un resto… italien de Menton où on a mangé exactement la même chose que de l’autre côté de la frontière, pour environ trois fois le prix… Ah j’te jure ! Passés à table à 22h, deux antipasti, deux primi, deux plats, un dessert à 7000 kcal et un café plus loin, nous en sommes sortis à 1h30… pour nous lever 4h plus tard : youpi !!!
Samedi matin la balance m’a clairement laissé pressentir une victoire nordiste. En effet, il aurait fallu que Sèv fonde de manière alarmante pour compenser mes frasques… (Ah ! Mon cookie joli, ton boulet te promet de faire mieux la semaine prochaine !)
Avec la meilleure volonté du monde, nous n’avons pas réussi à décoller avant 8h. Hum ! Déjà une heure et demie dans la vue, il est clair que les autres parents seront arrivés à la colo bien avant nous… Malgré ça, halte à la boulangerie pour faire le plein de délicieux croissants et de « boules de neige ». Mais que c’est-y que ça ? Imaginez le truc comestible le plus diabolique et multipliez par 3 (au moins), vous obtiendrez une pâte à pain subtilement briochée farcie de big chunks de chocolat blanc maison… Un désastre ! Demain flagellation, c’est promis !
On s’est garés sur le pré sur les coups de 11h, suivis par les autres parents qui sont bien partis à l’aube mais se sont fourvoyés sur le port de Marseille à quelques 90 bornes de là… Ahaha !!! Vive Mappy ! Avec Nath on s’est littéralement jetées sur nos fils, au pur mépris des articles PS2, PS3 et PS4 qui stipulent en substance : « ton fils tu n’étreindras point et mon poussin tu ne le nommeras point sous peine de lui infliger une totale déconfiture devant ses copains » puis on les a embarqués pour une journée de retrouvailles en famille.
Petit resto fort charmant à l’ombre des platanes sur la place de Manosque et 33cl de jus de tomate déversés d’entrée sur le pantalon de Margot (c’était bien la peine que je la mette sur son trente-et-un !). Traversée de la salle en semant une profusion de gouttes écarlates sur notre passage, lessive improvisée dans le lavabo des toilettes et impossibilité de remettre une fringue aussi dégoulinante, dammit ! J’ai laissé ma petite caille en culotte dans les ouaters pour foncer au marché, les étals commençaient à fermer. Moyennant la modique somme de 3 euros j’ai fait l’acquisition de 3 beaux melons (j’aurais bien aimé !) d’un short hawaïen orange du plus bel effet. Et l’adorable petite peste caille de s’exclamer : « Tu en as mis un temps ! Et mais… l’imprimé… il est même pas assorti à mon T-shirt ! »… Faites des gosses !
A la fin du repas, un gâteau d’anniversaire gentiment confectionné par le chef a été déposé devant un Théo éberlué qui a soufflé ses dix bougies sur un air de « happy beurzday » repris en chœur par tous les clients !
Ensuite, balade exquise parmi les champs de lavande du plateau de Valensole où je me suis déchaînée sur l’objectif. Mon titi s’est complaisamment prêté à la séance photo sans que je réclame (d’habitude il a horreur de ça !) puis tour de kart avec son pote avant le retour à la colo… Gloups ! Le moment tant redouté… Eux étaient ravis d’y retourner, tant mieux ! Puis dépit total en apprenant que les copains avaient répété pour le spectacle du soir en son absence et qu’il risquait de ne pas participer à la démonstration de sambo… Ainsi, c’est les larmes aux yeux et la voix chevrotante qu’il nous a embrassés…
Un de ses potes : « Mais ne pleure pas ! Tu vas les retrouver dans une semaine tes parents ! »
Lui : « Mais c’est pas pour ça que je chiaaaale ! »
De mon côté, j’ai eu du mal à ne pas enfreindre à nouveau les règles PS2, PS3 et PS4…
Et enfin, l’anecdote tant attendue par Cécile… Aha ! Tu as bien cru que j’allais la zapper hein ?
Alors, figurez vous que mon homme s’est fait aborder par deux ou trois pépettes de 12/13 ans…
Les tites pépettes : « Eh M’sieur ! Euh… Nicolas, c’est ça ? » (renseignements pris auprès du fiston sans doute) « Vous connaissez la série Desperate Housewives ? »
Lui, feignant l’ignorance : « Non, pourquoi ? »
Les tites pépettes : « Ah la la ! Comme vous ressemblez trop à Carlos ! Eh, c’est un compliment hein ! Il est beau gosse Carlos ! »
Ah non j’te jure ! Si des fillettes à peine pubères commencent à zyeuter mon mâle, moi qui ai environ le triple de leur âge et ne suis hélas plus gaulée comme Gaby depuis des lustres, ben j’ai intérêt à y aller mollo sur les boules de neige, hein !!! 
|