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mercredi 1 juillet 2009 à 10:31

Les 24h ... du ment.

J'ai un rocher qui affleure dans la tempête qui secoue ma tête, mes tripes, ma vie...ce rocher s'appelle Belle-Maman. Belle-Maman aime son fils plus que sa vie mais Belle-Maman est aussi lucide. Belle-Maman va m'épauler pendant de longues semaines. Elle me soutient, est l'oreille qui écoute, l'épaule où poser ma tête quand mes jambes ne peuvent plus me porter. Je lui écris tous les jours pendant plusieurs semaines, elle m'appelle, elle m'envoie des textos, elle est là...au début, j'en suis gênée à l'extrême. Peut-on être juge et partie?

Mais je la sens impliquée à trois niveaux...

La mère d'abord, ne trouve terrible le comportement de son fils, elle l'a clairement verbalisé. La grand-mère qu'elle est aussi a déjà vu son fils ainé divorcer, son petit-fils en souffrir...elle n'envisage pas une seconde que nous puissions nous séparer...La Femme soutient l'autre femme que je suis dans une mauvaise passe.

Cette histoire pourrie, que Pascal aurait voulu voir confinée dans l'intimité stricte de notre couple (comprenez : que cela ne se sache surtout pas), éclate bien malgré moi.

Un psy qui passerait par là vous dirait sans nul doute  que rien n'est hasard et tout est inconscient et que j'ai beau me défendre avec la meilleure foi du monde de n'avoir pas souhaité laisser Belle-Maman voir la scène du Crime, rien à faire, elle l'a vue.

Faites venir les Experts, ramassez les indices...

"J'ai trouvé quelque chose, Horatio! On dirait...mais oui, c'est une...connasse! Je vais l'examiner sous le microscope...elle présente des aspérités nombreuses, absence de moralité...l'écart de ses cuisses est proportionnel au compte bancaire du  mâle  approchant...intéressant, intéressant... je la mets sous vide pour observation ultérieure..."

L'affaire a fait boule de neige...tant qu'on y était....et Belle-Maman a compris et déroulé le fil depuis 3 ans...mon psoriasis sur tout le corps apparu après que j'ai découvert que Pascal me trompait depuis quelques jours avec une chargée d'affaire de chez ce petit entrepreneur...comment s'appelait son père...Francis? Ahhh oui, ce petit entrepreneur prénommé Martin, Martin Bouygues...

La petite chargée d'affaire a commis toutefois une erreur grave de débutante peu aux faits de la Grande Peur Primitive et Ancestrale du mâle dominant : elle l'a couvert en quelques jours de "je t’aime" sirupeux...le mâle a regagné dare-dare ses pénates en se disant que cela commençait à devenir trop complexe pour lui...d'autant que, dans la foulée,  j'avais fait sautr la boite mail de Miss BTP ainsi que son code d'accès à sa facture de téléphone en ligne, mis en musique d'attente sur le portable de la gueuse :  "la Vie en rose" et envoyé par le truchement du site internet de téléphonie des messages enflammés et cul-cul la praline à mon cher et tendre (Je t'aime plus que l'Océan, plus que la mousse au chocolat, que je t'aime, que je t'aime, ma vie est un conte de fée depuis que je t'ai rencontré...) qui en avait perdu son latin....puisque, de fait, les textos semblaient venir du numéro de portable de Miss BTP.

On s'amuse comme on peut.

Belle-Maman a compris ma fatigue, mes peurs, mes plaques de psoriasis sur tout le corps, mon eczéma derrière les oreilles, ma difficulté à manger...on se sent tout à coup moins seule...Belle-Maman me soutenait à distance par sa présence, ses mots... et je fais pour rendre la maison "home sweet home", cela m'occupe l'esprit...surtout ne pas penser au lendemain, juste à ce jour...j'ai cuisiné comme rarement, un plat créatif tous les soirs, une belle table, un petit apéro léger, musique d'ambiance sur fond de Bach, de Satie, de musique Cubaine suivant les envies...des massages, des caresses...le premier soir, Pascal a mangé en silence (on le sent morveux...y'a un truc qui cloche quand même...) , le second il a remercié pour ce beau repas, le troisième, il est venu poser sa tête sur mes genoux, et je lui ai caresser les cheveux de longues minutes, peu à peu il s'est laissé approcher. Il revenait...

C'était sans compter sur Dame Connasse.

D'abord, la Connasse n'a pas lâché le morceau...sur le répondeur de "Co-PINE d'avant", la Connasse sussure  :

 - "Mon Amour, c'est moi, je comprend, oui, je comprends, il faut laisser le temps au temps...."

P....de bordel....qu'est ce qu'il a pu lui dire pour qu'elle réponde cela??? Je m'accroche à mon rocher Belle-Maman et à ma queue...de casserole, je fonce dans la nuit noire à coup de recettes piochées sur le net et d'une valse de saveur accompagnée du vin ad-hoc chaque soir...Elle mérite le titre de « Connasse  en Chef », cette femme ! Elle m’a vue, m’a parlée…elle devrait être gênée, non ? Ne pas vouloir briser un couple ? Mais Dame Connasse en Chef s’en balance…elle n’en a cure. Elle a d’autres projets plus importants…pour elle…et mon homme.

Deux semaines se sont écoulées ainsi sous le signe d'un lent retour à la normale...et un soir ma sirène au fond de mon occiput a retenti de nouveau...Pascal m'annonce qu'il doit aller sur un chantier à Nantes le lendemain et qu'il ne se voit pas de faire l'aller-retour dans la journée. Moi, pas bégueule, rétorque qu'en TGV, il en a pour un jet de pierre ... je sens bien que son excuse est plus que bidon et je veux voir jusqu'où il peut aller, lui si mal à l'aise dans le mensonge...

"Ahh, non le train, faut se garer à Montparnasse, c'est la galère...

-Mais utilise le parking de la gare!

- Au prix où il est?

-Mais c'est ta boîte qui rembourse quand même!

- Non , je dois y être en fait très tôt à 7h du matin...donc je pars la veille, ce sera plus facile."


Il me donne envie de vomir. Je laisse tomber. Que faire? Un scandale? Et après? Le peu de terrain de paix que j'ai conquis va voler en éclat.

Belle-Maman m'a bien dit :
-"Ne supplie pas, n'accepte pas n'importe quoi, bats-toi et ramène le..."

Faut écouter Belle-Maman. Faire un scandale ne l'aurait pas fait rester...je suis une funambule en sursis au dessus du vide et c'est sans filet!

Je sais où il va...j'imagine aisément que ce soir, il filera en direction du Mans qui est à mi-chemin entre Paris et Angers, histoire que la Connasse fasse de même...comme la Connasse va s'occuper de la réservation (Ce n'est pas la tasse de thé de monsieur ce type d'organisation) elle choisira un Country Club avec...des chevaux. Je trouve à quelques kilomètres du Mans ce type d'établissement...j'appelle. Il y a en effet une réservation. Mon estomac se tort.
Que faire?

J'imagine des scénarii à la pelle...Prendre un billet de train  et ensuite le taxi et débarquer avec mon plus beau sourire? Venir au bras d'un ami, ancien pilier de rugby, plutôt bel homme, nouveau divorcé? Il se pliera au jeu, il sait ce qui c'est avec Miss BTP...et dîner là-bas?

Je veux sauver mon couple, c'est ma seule certitude. Je choisis de serrer les dents...et en fin d'après-midi la valse des SMS débute...avec comme chef d'orchestre votre servante...à la baguette....au clavier du portable! Dans de longs SMS foireux, imprégnés de mauvaise conscience et mâtinées  de tentative de noyade de poisson...monsieur!

-"Suis dans les embouteillages pour sortir de Paris, c'est le bazar"


Et moi, un peu perverse, répond à "monsieur je vais niquer la Connasse ce soir"...

-"Mais reviens à la maison, tu partiras demain matin aux aurores! J'ai très envie de toi"

Humpffff....que va répondre "Monsieur je rallie le Mans et les cuisses de Dame Connasse"?

-"Déjà à Rambouillet, trop loin mais je me rattraperais demain c'est promis"

Arfff....allons-y...que répondre...

-"Je te fais entièrement confiance mon amour..."

Paf, prends ça mon chameau! Scud N°1...

Je renchéris...

-"Mon Amour, tu me manques déjà, je voudrais me lover contre toi...et t'embrasser sur tout le corps..."

Scud n°2...Petite hésitation de la partie adverse mais réponse tout de même...

- " Garde au chaud ce programme alléchant, nous le testerons demain soir!"

Allons-y pour un Scud N°3 :

-"Je serais bien seule au fond de nos draps ce soir...je te fais confiance mon amour pour me faire oublier ce voyage bien casse-pieds dès demain..."

...long silence radio...j'en ai fait assez pour que sa mauvaise conscience en prenne pour la nuit.

- "Presque plus de batterie...je suis à peine plus loin que Rambouillet, j'ai trouvé un petit hôtel...ne t'inquiète pas. A demain."

Ben, voyons...et le chargeur? C'est une option que monsieur n'a pas coché?


Je reponds :

-"Tu n'as pas ton chargeur, mon amour? Je t'aime de tout mon être..."

Pas d'accusé de réception. Il a éteint son portable...Outch...selon mes calculs il est à l'approche de la Connasse...je commence à regretter de n'avoir pas pris l'option "je les rejoins" ... je ne peux rien faire...j'essaye de me persuader que je me trompe, qu'il est vraiment à Nantes...mais ça ne prend pas. 

Les filles sont couchées...je ne peux rien faire...je traverse l'appartement, je passe en revue chaque endroit, chaque pièce, comme je traverserai un décor de théâtre, je ne peux rien faire. J'ai l'impression de visiter un lieu étranger...je ne peux rien faire...je prends un lexomil entier. Je m'allonge, je ferme les yeux. Je ne veux plus penser.

 

  qualité de votre diet du mercredi 1 juillet
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mardi 30 juin 2009 à 10:22

Back Home

 

3h30 de route...et de silence pesant. Je regarde monsieur de profil qui fixe, quant à lui,  la route, la mâchoire serrée. Je pose ma main avec délicatesse sur sa joue droite, il fronce les sourcils et d'un geste sec de la main m'écarte. J'éclate en sanglot. Je ne fais que pleurer en silence durant tout le trajet. 

Il est en colère...en tout cas il en présente tous les signes.

Pourtant ne serait-ce pas à MOI de l'être? Aurais-je dû éclater et faire un scandale? Dans le fond, je pense que c'est ce qu'il aurait souhaité. Cela lui aurait faciliter les choses, n'est ce pas?

Je découvre ses messages érotiques échangés avec la Connasse et forte de sa tromperie d'il y a 3 ans (en dépit du fait que la situation désastreuse de notre couple alors m'a fait passer l'éponge) ....je rompt. Sauf que j'ai décidé de me battre et surtout, j'ai eu la volonté de COMPRENDRE. Plus il a été désagréable, plus j'ai été caressante, plus il a été taciturne, plus j'ai été volubile et cajolante...il s'est alors retrouvé en plein conflit intérieur. Quoi de plus simple que d'aller "souffler" chez une autre femme quand vous êtes en froid avec la vôtre? Sauf qu'en l'espèce, ce n'était pas le cas...puisque telle avait été mon choix...ne pas lui donner ce qu'il voulait : une dispute alibi.

Nous arrivons à l'appartement, nous aurions pu passer une soirée seul à seul, sans enfants, en amoureux...mais le scénario est bien différent. Monsieur tourne nerveusement dans tout l'appartement. Il est tard et il prépare son costume, sa cravate, sa serviette en cuir pour demain matin...préparation qu'il n'effectue jamais que le matin-même en catastrophe.

Je suis derrière-lui à espérer une parole, un dialogue que sa colère (mais contre qui?) ne lui permet pas d'entamer. Je suis désespérée et furieuse à la fois. Quelle mauvaise foi! Quelle hypocrisie! Je tourne en rond également, à ne pas savoir que faire...il me dit en boucle qu'il est fatigué, qu'il veut dormir , que demain il travaille...comme si je ne comptais plus. Je n'ai pas le droit à la moindre explication, simplement son regard dur et froid, sans expression...à par la haine et la colère.

En larme, je lui demande s'il souhaite que j'aille dormir ailleurs...ce qui est fondamentalement le monde à l'envers dans la mesure où c'est NOTRE appartement et que c'est LUI le fautif. Je ne sais pas ce que j'aurais souhaité qu'il me dise alors...qu'il dort sur le canapé? Qu'il a besoin de temps, qu'on parlera demain? Il me fait la réponse la pire possible : "Fais ce que tu veux!"...Un témoin extérieur à la scène, ne connaissant pas l'histoire pourrait croire à cet instant que c'est moi l'infidèle...

Objectivement, je pense qu'à ce moment-là, il ne s'est rien passé de précis entre la Connasse et lui...mais qu'il y a, pour lui,  UNE personne en trop dans sa vie et que cette personne, c'est moi. Il crève d'envie de culbuter la Connasse, la Connasse crève d'envie de faire la culbute...pour des raisons qui ne vont pas m'échapper longtemps.

 J'ai le sentiment que Pascal ne peut s'arrêter. il sait qu'il n'a pas fait preuve de respect en emmenant notre fillette chez la Connasse. Il a couvert son escapade par la présence de notre enfant, il sait que ce n'est pas glorieux. Il sait que je sais...Mais il se dit, tout à sa folle envie de culbuter Dame Connasse (envie de culbute qui remonte à 25 ans en arrière, année de leur 17 ans) qu'il peut encore planquer sous le tapis les poussières de ce nouvel écart conjugal...en dépit du  fait que la bosse provoquée par les poussières en question n'a rien de discret.


Je prends un petit sac avec quelques effets personnels et je sors. Cette scène s'est imprimée au ralentis dans mon esprit et j'en revois chaque geste...ma main sur la poignet de la porte d'entrée, mes prières pour qu'il dise quelque chose, mes pas dans le couloir vers l'ascenseur, mon index sur le bouton d'appel et toujours mes prières pour qu'il réagisse...mes pas dans la rue, mon portable à la main...il va appeler, il va appeler....il va me dire de revenir, qu'on va parler...mais mon portable reste muet.

J'arrive à l'hôtel...je dois faire peur, les yeux gonflés, la voix cassée, mon petit sac à l'épaule. Le regard du concierge de l'hôtel est plein d'interrogations. J'hallucine sur le prix de la chambre et donne en tremblant ma carte bleue...mon compte bancaire va-t-il résister au débit? Je visualise la scène irréelle de ma carte refusée par le lecteur...et c'est ce qui se passe.

 Je me demande ce qui pourrait m'arriver de pire...La honte m'habite toute entière. Le concierge me regarde  avec un air hautain et condescendant ...je sors de l'hôtel, et  fais une pause sur un banc en me demandant que faire...j'ai une amie dans le quartier qui pourra m'accueillir...je me met en route et 10 minutes après, je sonne à son portail. Pas de réponse. Il est bien tard, environ 23h00, et je n'ose l'appeler...mais devant l'urgence de la situation, je me lance. Je ris nerveusement en apprenant qu'elle est en Angleterre pour la semaine. Comme dirait George : What else?

Je m'assois sur un banc, je regarde les voitures passer et j'entends mon portable vibrer...oui, je le savais, il me demande de rentrer, c'est sûr! Tout va s'arranger...

J'écarquille les yeux de désespoir en découvrant le message :

- " Mieux vaut arrêter, tu vois bien que ça ne marche pas entre nous"

Il commence à bruiner...débute alors une nuit de joutes par SMS pour empêcher Pascal de tirer un trait sur notre couple....je suis assise sur ce banc de pierre, à 200 m de notre appartement, j'ai froid, je suis trempée au bout de quelques minutes, je grelotte...nous sommes en novembre et mon manteau n'est pas bien épais...

"Arrêtons là et séparons nous intelligemment" ou encore "Mieux vaut deux parents heureux séparés que malheureux ensemble pour notre fille"

Ce à quoi je réponds :

"Tu as des responsabilités, nous avons besoin de toi" et encore "Je ne suis heureuse qu'avec toi"


Et encore et encore...de nombreux SMS où il ne plie pas et où je lui dis que je ne le laisserais pas tout gâcher...jusqu'à 5 heures du matin.

Je m'endors par moment, assise sur ce banc, je vois passer des voitures, des camions, la police...j'ai peur qu'on me demande mes papiers, ce que je fais comme une SDF sur mon banc, sous la pluie, à 5 h du matin, les cheveux dégoulinant et un petit sac à dos à mes pieds. La ville s'éveille, je sais que Pascal va partir tôt au travail...dans son dernier message, il me dit qu'i doit dormir, qu'il va être fatigué...et dans le fond, il ne parle que de "je", "je", "je"...mais qu'en est-il de "nous"?

Vers 7h, je vois passer sa voiture au coin de la rue. Il ne m'a pas vu. Je rentre alors me doucher, me changer, je prends un antalgique, je suis brûlante de fièvre.

Je vais au travail, tel un zombi.

  qualité de votre diet du mardi 30 juin
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lundi 29 juin 2009 à 14:21

Un billet pour l'Enfer


C'est sans doute la journée la plus difficile à décrire et à revivre. Mettre des mots sur la résurgence des sentiments qui vont me traverser ce dimanche-là, me fait encoure souffrir...Tout a basculé d'un coup, comme un couperet, la sentence est tombée.

Sur le chemin du retour Dame Connasse a appelé. Pascal bascule l'appel sur son oreillette (ce qui n'est pas "normal", lui qui laisse toujours le haut-palreur de la voiture)  et moi, je retiens mentalement le numéro de portable de la Connasse qui s'affiche sur le tableau de bord...

Nous voici touts dans le salon, samedi soir, prenant l'apéritif...Je tente de hiérarchiser mes pensées, de rester cartésienne. Je tente de prendre le recul nécessaire mais en vain. Les excuses, les efforts pour expliquer la situation n'aboutissent qu'à revenir à cette étrange réalité ...nous sommes tous autour de la table, à prendre l'apéritif avant de dîner....j'envoie un texto à la Connasse :

"Merci pour ce magnifique après-midi, c'était un enchantement!"

Pas de réponse...

Je crois que je tente toujours , à cet instant,de me persuader que la Connasse n'a pas de mauvaise intention et que je suis une paranoïaque en puissance.

Une minutes après, c'est le portable de monsieur qui vibre. Il lit le texto et lève les yeux sur moi, lentement...mon Dieu....il me transperce d'un regarde noir, dur, froid...je le révérais ce regard dans les jours qui vont suivre...

J'écris à présent mon histoire et ses yeux dardant de colère et de haine sont là, devant moi....ils dansent dans l'air chaud de juillet, entre l'écran et le clavier . Je ne pourrais sans doute jamais oublier ces prunelles glaciales et fielleuses.

J'ignore ce que la Connasse lui a envoyé mais je n'ai aucun doute, c'est ELLE qui vient de lui écrire.

Le dîner est charmant, Pascal souriant, bien qu'il flotte alors dans l'air ce sentiment que je suis tout simplement dans l'œil du cyclone...le vent semble être retombé, tout est calme. La boule que je sens peser dans mon estomac me semble petite mais très concentrée, pesante comme une bille de plomb...

Je crois qu'à cet instant, j'ai réussi à me  persuader que je m'étais trompé, que ce que Pascal m'avait donné à penser était la réalité stricte, que la Connasse ne méritait pas ce titre et que j'avais imaginé la tromperie. Nous montons, nous nous allongeons, nous nous enlaçons et faisons l'amour avec tendresse, douceur...nous nous entendons à merveille du point de vue de la "bagatelle" et pas d'exception ce soir-là. Je m'endors, un sentiment ambivalent au cœur...

Dans le noir complet, je me réveille soudain, pleine d'angoisse. J'ignore où je me trouve. Quel âge puis-je avoir?  Je ne trouve pas la lumière...je suis perdue et des images de lieux me passent en tête à grande vitesse : j'imagine la chambre de mon grand-père en Pologne où j'aimais faire la sieste enfant, ma chambre d'enfant chez mes parents, le salon de l'appartement Porte des Lilas que j'occupais en 1995, notre chambre dans l'appartement actuel...ma boussole est affolée...je trouve un portable sur la table de nuit, je me souviens que je suis chez mes beaux-parents et je tente d'allumer le portable qui est celui de Pascal...je voudrais connaitre l'heure...je clique sur le bouton central et l'écran s'allume violemment, je ferme les yeux face à la douleur que cette lumière vive provoque...et ce que je découvre me ramène à la réalité que je refuse avec une obstination toute personnelle :  Pascal a mis un code d'accès à son téléphone.

 Je suis atterrée, je n'ai jamais vu ça.

Pascal n'a JAMAIS protégé son portable...   Je suis tellement choquée, la fureur monte en moi et je me retiens de briser son téléphone contre le mur...je reste lovée, en boule, tournant le dos à monsieur, les yeux grand ouvert dans le noir total de la chambre, dans le silence du village angevin qui nous entoure, les joues picotant de l'angoisse que je laisse monter librement, mes mains sont pleines de fourmillement, je prie sans relâche....je prie pour me réveiller dans quelques heures et me rendre compte que je n'ai vecu qu'un simple  et banal cauchemar....

Le petit déjeuner ressemble furieusement au dîner, atmosphère trop familière pour ne pas cacher la catastrophe imminente...je retiens mes larmes avec rage et difficulté, je lutte pour ne pas faire un scandale...mais je garde le cap pour ne pas troubler mes beaux-parents et notre petite fille de 6 ans, assise entre papa et maman et que nous allons laisser pour une semaine de vacances chez ses grand-parents. Pascal va au marché avec son père, je donne un coup de main à sa mère pour le repas de midi...au moins, s'il est avec son père, n'ira-t-il pas rejoindre la Connasse....

Je monte dans la chambre faire nos bagages. Au moment où je ferme les deux  valises, je revois comme un flash ma course vers le dernier TGV pour Angers, ma traversée de la gare à bout de souffle, le voyage si long et si court à la fois, l'expression du visage de la Connasse quand elle m'ouvre la porte ("Bon, c'est quoi ces témoins de Jehova?") et l'effroi qui remplace la suffisance quand elle comprend qui je suis... Je pleure assise sur le lit, en silence, droite comme un "i", de grosses  larmes brûlantes roulent et tombent instantanément sur la moquette.

Monsieur monte. Il se plante à 3 m de moi :

"Mais qu'est ce qu'il t'arrive?"  - ces mêmes yeux noirs et durs...mon sang se glace.

Je le regarde, toujours assise, je lève  la tête pour cela, je voudrais qu'il s'assoit, qu'il me prenne dans les bras, qu'il m'explique mais il n'en fait rien. Il n'esquisse qu'un geste, il tend un mouchoir en papier vers moi. et fat demi-tour pour redescendre...je ne sais pas par quoi commencer...je n'ai aucun certitudes, que des intuitions, qu'un ressenti douloureux, vague, pesant....

Il se retourne : "Mouche-toi et descends, nous déjeunons!"

La boule dans l'estomac vient de remonter dans ma gorge, j'ai du mal à penser, ma gorge est plus que douloureuse. Je parviens en dépit de mon malaise à articuler :

"Je sais tout"...

Regard nour et haineux...il fait demi-tour et il descend lentement l'escalier.

L'atmosphère du déjeuner est strictement calqué sur celui des repas précédents. 

Je me lève pour débarasser. Pascal m'attrappe le bras au passage et m'embrasse...un baiser, long, tendre, brûlant...et je souris, je ris même...suis-je bête! C'est moi qui deviens folle, tout va bien! Je me raconte une histoire qui n'a pas lieu d'être, je ne suis trompée, j'en ai l'intime certitude...en prétendant que je savais tout, j'esperais une réaction...S'il n'y en a pas eu c'est qu'il n'a rien à se reprocher...oui, c'est cel. Tout va pour le mieux, c'est évident. 

A la fin du déjeuner, nous prenons congé et nous mettons en route vers la Capitale tous les deux, laissant notre fillette en vacances pour une semaine...

Ma belle-mère qui est restée en retrait bien qu'elle sache ce qui sze passe, me prend à part, m'embrasse avec tendresse et me glisse à l'oreille :

"Tu te debrouilles comme tu veux, tu lui fais la danse des 7 voiles, mais tu le ramènes!"... elle ne s'etait permis qu'une reflexion dimanche matin, lorsque nous cuisinions toutes les deux :

"Mon fils s'est comporté comme un salaud"

...ce qui, pour une femme de son éducation et de son savoir-vivre, est d'une exceptionnelle vulgarité...

 

 

  qualité de votre diet du lundi 29 juin
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dimanche 28 juin 2009 à 22:42

On the road...

 

Nous voici dans la voiture de monsieur, il est 18h30. Nous prenons congé comme un couple qui salue une sympathique amie de longue date. Et qui s’en retourne, après avoir passé un bon après-midi.
 
La Connasse  est accrochée à la portière, comme une moule arrimée  à une coque de navire. J’ai une vision jouissive qui me vient à l’esprit : celle d’un petit couteau servant à ouvrir les huitres donc je me servirais pour la décoller de la portière… elle écoute la musique qui vient de se mettre en route…c’est un CD Best Of de ABBA.
 
« Ohhh, c’est ce qu’on écoute à fond dans le 4x4 avec les enfants ! »… ( "le 4x4"...elle a oublié de nous préciser "toutes options" et son prix!) ...
 
Depuis ce jour, je ne peux plus supporter ce disque et c’est une douce torture quand il passe, lorsque nous sommes en voiture.
 
La Connasse nous laisse, après avoir coulé des regards désespérés à monsieur….on dirait une femme de soldat, laissant son mari repartir après une permission et en route vers le front. J’ai la nausée qui monte et je continue à sourire, à la remercier pour son accueil…ce que mon comportement laisse voir est en totale opposition avec l’angoisse et le vide qui habitent mon cœur ;
 
Je suis dans un état second. La situation est irréelle et je la traverse comme un somnambule. Nous partons et discutons de tout, de rien, nous rions, j’ai ma main sur la cuisse de monsieur, nos doigts se mêlent par moment quand je lui prends la main…nous plaisantons avec Elodie…mon angoisse s’endort presque, en boule au fond de moi…j’ai envie de croire à ce rêve, à ce faux-semblant, cette scène qui ne correspond pas à la triste réalité de cet homme qui pensait passer une soirée et journée de chez une femme qui l’attirait quand il avait 17 ans…et dont il a envie, aucun doute là-dessus, qui l’a retrouvé par le truchement de la technologie moderne…
 
Internet et les portables sont les deux mamelles de l’infidélité moderne.
 
Une vingtaine de minutes plus tard, nous arrivons chez mes beaux-parents. Ma belle-mère me jette un regard où se melent pudeur ,inquiétude et questionnement...je lui souris avec tendresse.

 

 

  qualité de votre diet du dimanche 28 juin
  Petit-déjeuner bol de cereale fromage blanc 0% thé
  Déjeuner salade thon soja tomate yaourt 0% fruit
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vendredi 26 juin 2009 à 16:36

Boire un petit coup...

 

Selon le vieil adage populaire

"in vino veritas"(dans le vin la vérité pour les non-latinistes) ...

Que faire, un samedi après-midi dans les circonstances suivantes :


-Votre homme est allongé de tout son 1,88m sur le canapé de récupération du salon de la Connasse...

- La Connasse est assise face à vous, entre les deux, une table de jardi et une bouteille de "fine", un petit digestif de derrière les fagots...

-Les enfants courent dans les près de la propriété, donnent du pain aux chevaux et crient de bonheur, les cheveux dans le vent...

Joie et insouciance de l'enfance, notre petite Elodie ne se doute de rien ,du haut de ses 6 ans...elle est tout simplement chez une "amie de papa" et maman a fait la surprise de venir ce matin...la vie à 6 ans est souvent si simple! Quand on se dispute "à mort" avec sa meilleure amie, on se réconcilie dans les 10 minutes...quant à nous, idiots et rigides adultes, on se fâche pour de bon, non?

In vino veritas...je fais donc boire la Connasse plus que de raison, tout en parlant de la pluie et du beau temps et en la resservant   à discrétion...avec discrétion!

Au bout de 2 verres de fine, la Connasse voit sa langue se délier doucement...et elle se lâche. Je picore à petites gorgées mon propre verre et vais réussir l'exploit de lui faire descendre pratiquement toute la bouteille à elle-seule...ben, oui, je travaille dans le BTP alors faire semblant de boire, c'est une seconde nature pour moi!


Elle me parle des hommes, ces salauds, qui ont tant profité d'elle, tous des enfoirés, sans exception...son ex-mari, notable du coin (il est le Maire d'une des communes des environs) qui la promenait comme un trophée et l'obligeait à cuisiner pour lui, à 2 h du matin, un boeuf strogonoff déguisée en petite soubrette lubrique...(je trouve pourtant le trip sympa, mais je me tais!)

...et moi, acquiesçant (souvenez vous : la bonne copine!) ...Ohhhh maaaa pauvre! Tu as bien raison ! ahhh le salaud!


Au 3e verre, elle me rassure : "je ne veux pas refaire ma vie, je veux juste profiter de la vie et faire de cette maison la "maison du bonheur" juste pour accueillir les copines en détresse...les hommes ne seront pas les bienvenus, c'est clair!...ils ont profité de moi, je vais profité d'eux!"

...et moi, acquiesçant toujours selon mon rôle bien réglé  ...ohhh, oui les salauds!

Au 4e verre, elle part en vrille totale et elle me conte, la larme à l'œil+des trémolo dans la voix, combien la vie a été dégueulasse...Son divorce à peine prononcé (ce salaud d'ex mari a tout fait pour la ruiner), le père de sa fille ainée (qui n'avait plus donné de nouvelles depuis 16 ans) réapparait tel un diable sortant  de sa boite...coucou c'est moi, youpla boum! ...Attention ce qui suit est digne de "Santa Barbara" et "Amour Gloire et Beauté" réunis" !

La Connasse retombe sous le charme instantanément comme dans une mauvaise pub pour un déo de supermarché....et accepte sa demande en mariage avec fort enthousiasme et levées de jambe...

Il ne peut pas vivre sans elle, il a fait une énorme erreur en la quittant, il vont être heureux avec leur fille et les 2 enfants du mariage raté de la Connasse : en fond sonore, générique de la Petite Maison dans la Prairie, dans le rôle de Laura courant dans l'herbe avec bandit, la fille benjamine de la Connasse, coursée par son motard de 19 ans.dans le plus simple appareil..

Le jour du mariage, la Connasse est prête et pimpante dans sa maison en bois lazuré et a mis sa belle robe de mariage...mais le fiancé lui fait faux bond...alors, ni une ni deux, la Connasse avale des tubes et des tubes de tout ce qu'elle trouve dans la salle-de-bain et se retrouve à l'hôpital pour deux semaines.

Comme un malheur n'arrive jamais seul (on est en plein dans les lieux communs alors j'en profite!) lorsqu'elle revient après deux semaines d'hospitalisation, elle découvre que sa maison a été ENTIÈREMENT dépouillée, jusqu'à la dernière petite cuillère, il n'y a plus rien à part ses vêtements jetés en tas dans la chambre à coucher....

....un œil suspicieux, légèrement plus fermé que l'autre, elle s'approche de moi et murmure : "Mais je sais qui a fait le coup....mon orgueil m'interdit de porter plainte mais je ne vais pas me laisser faire!"

C'est donc l'histoire tristement officielle de Dame Connasse.

La vérité se résumé en une seule phrase (C'est écologiquement plus correct car cela utilise moins de papier) :

La Connasse a confondu Chiffre d'affaire et Bénéfice dans sa gestion de son haras et s'est vu saisir par les huissiers.

Cela explique que danstoute la maison de la Connasse il n'y ait que des meubles de récuperation...deux vieux canapés, un vieux frigo...Merci Emmaus. La Connasse nous la joue victime courageuse.

C'est sûr, c'est moins glamour...Et comment ai-je eu le fin mot de l'histoire? Ah,ah....Elémentaire! J'ai regardé sur sociétés.com et commandé ses bilans...qui parlent d'eux même (redressement judiciaire et chiffres en dessous du niveau de la mer morte) ...

Dame Connasse est éméchée au possible et parle en moulinant du bras de sa vie de Merde... et moi, j'ai l'air vraiment vraiment de compatir...c'est ce tableau vivant que Pascal découvrant en nous rejoignant sur la terrasse. Il a l'air inquiet, mon comportement et la situation lui paraissent dignes d'un épisode de la 4e dimension.

Je ne sais pas encore que la descente  aux enfers va commencer VRAIMENT demain, dimanche....

Si nous connaissions à l'avance les coups durs, nous n'aurions sans doute pas la force de les affronter.

  qualité de votre diet du vendredi 26 juin
  Petit-déjeuner oeuf pain et yaourt 0% thé
  Déjeuner salade de saumon et petits ravioles au fromage polonais miammm...pierogi!
  Goûter ou snack pomme
  Dîner salade crudité saumon
  Verres d'eau 6
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